Plein emploi, de Jean-Claude Pirotte

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Paru en avril 2016 aux éditions Le Castor Astral, Plein emploi est un recueil inédit de Jean-Claude Pirotte, poète contemporain majeur décédé en 2014.

« je suis tel un poney harcelé
par les mouches

et le monde alentour hennit de
dérision »

Si le nom de Jean-Claude Pirotte m’était familier, je n’avais jusqu’à présent jamais lu la poésie de cet auteur. En feuilletant ce recueil, j’ai immédiatement été charmée par la simplicité, l’humour et la fausse légèreté qui s’en dégageaient. Il n’en fallait pas plus pour me convaincre de découvrir plus en profondeur l’œuvre de Jean-Claude Pirotte.

C’est avec nostalgie et délicatesse que s’enchaînent les poèmes de ce recueil : comme si l’enfant et l’adulte se rencontraient en lui-même, l’auteur esquisse un univers où se mêlent, dans un seul souffle, aubes anciennes et crépuscules à venir.

« je me déplace à croupetons
lorsque la nuit se fait violente
je reçois des coups de bâton
mais qui me frappe ? le silence

ne répond pas à ma demande
et le dieu que je croyais proche
il me semble que je l’entends
me traiter de pauvre cloche »

Fragments, également, du temps présent et de l’instant, les vers de Jean-Claude Pirotte sont de ceux qui font instantanément mouche : ils frappent toujours juste, et leurs images résonnent en nous.

« enfin dans les cours des écoles
la police lit l’alphabet
elle a de la peine on rigole
mais pas trop fort on risquerait

de passer d’un coup l’arme à gauche
de n’avoir pas le temps d’écrire
combien les idéaux sont moches
et que les maladies empirent »

Un recueil touchant, où transparaît, par-dessus tout, l’amour que portait Jean-Claude Pirotte à la poésie.

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4 réflexions sur “Plein emploi, de Jean-Claude Pirotte

  1. J’ai beaucoup vu Jean-Claude Pirotte chez mes copines blogueuses belges, mais je ne l’ai pas encore lu. C’est prévu … un jour.

  2. « je me déplace à croupetons
    lorsque la nuit se fait violente
    je reçois des coups de bâton
    mais qui me frappe ? le silence

    ne répond pas à ma demande
    et le dieu que je croyais proche
    il me semble que je l’entends
    me traiter de pauvre cloche »

    C’est formidable et tellement drôle, juste et sensible !

    J’ai beaucoup entendu parler de Jean-Claude Pirotte et ce passage me donne vraiment envie de le découvrir.

    Merci pour votre article !

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