Un poème — Une image n°7 : extrait de Les grands arbres s’effacent, de Véronique Gentil

Ce poème est extrait du recueil Les grands arbres s’effacent, de Véronique Gentil, paru en septembre 2014 aux éditions Pierre Mainard. Le recueil comporte également sa version traduite en anglais, sublime elle aussi. J’ai choisi pour l’accompagner une photo de Rosie Anne Prosser intitulée August.

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Les grands arbres s’effacent (extrait)

Les morts coulent
lentement
dans mon cœur maladroit
incapable de les attendre

Pierre par pierre
le chemin qui n’est pas
poursuit sa course

Tu es le miroir sans tain
où je traverse
mon visage
enfantée par ton silence
et la trace de ton souffle

Dans l’aube
où chaque nouvelle ombre bat
le vieux sang

Sans cesse
je pense à toi
et je n’y pense pas