Le carnet retrouvé de monsieur Max, de Bruno Doucey

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Cela fait déjà un certain moment que je n’ai pas parlé d’un roman sur ce blog. J’avais eu l’occasion d’évoquer Joë Bousquet et Arthur Rimbaud, grâce à deux ouvrages superbes parus respectivement aux éditions Stock et aux éditions de La Table Ronde.
Aujourd’hui, c’est de Max Jacob dont je souhaite vous parler. Il s’agira du premier article concernant un livre acheté durant le salon du livre de Paris, plus d’un mois après — il était temps !

Paru en mai 2015, Le carnet retrouvé de monsieur Max est un roman écrit par Bruno Doucey et publié chez les éditions du même nom. Il s’agit d’un des premiers ouvrages faisant partie de la collection Sur le fil, dirigée par Murielle Szac, et vouée à faire découvrir la vie de divers poètes.

Le carnet retrouvé de monsieur Max, c’est en fait le journal intime que lui imagine Bruno Doucey durant les derniers mois de sa vie. De novembre 1943 à février 1944, Max Jacob expose ainsi son quotidien, ses inquiétudes, ses réflexions sur la guerre et sur les hommes — sans jamais se départir d’un ton malicieux, d’un humour vif qu’il manie comme un dernier outil pour cisailler les ténèbres.

« — Mais comment faites-vous pour être aussi drôle en pareilles circonstances, monsieur Jacob ?
— Holocauste, holo-caustique, chère madame. »

Bruno Doucey se livre à un exercice de style particulièrement périlleux avec une justesse remarquable : dès les premières lignes, c’est Max Jacob que l’on voit, noircissant son carnet depuis la petite chambre dans laquelle il passe la plus grande partie de ses journées.

« J’ai longtemps cru que le corps seul éprouvait la sensation du froid. C’est faux. Il existe aussi un frisson de l’âme. La mienne a le pressentiment du malheur. »

Chacune de ses pensées semble lui appartenir entièrement, qu’il s’agisse de ses moments d’angoisse ou des multiples fragments poétiques dispersés dans l’ouvrage.

« Où vont nos yeux quand les paupières se ferment pour la dernière fois ? »

Un roman captivant et empreint d’humanité — l’hommage magnifique d’un poète d’aujourd’hui à un poète d’hier.

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7 réflexions sur “Le carnet retrouvé de monsieur Max, de Bruno Doucey

  1. Je n’aime pas tellement les personnage réels que l’on fait parler aujourd’hui sans savoir qu’elles étaient vraiment leurs pensées, mais comme Caroline, j’y jetterai un œil en librairie. En ce moment, je louche sur un récit qui parle de Joseph Kessel « Le livre interdit ».

  2. Pingback: Toutes mes lectures | LE LANGAGE DÉMENT

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